Réforme de La Poste etc


 

Réforme de La Poste etc

Depuis hier soir les chaînes d’informations (LCI, I>TELE, BFM) et les autres (CANAL + ce matin) nous rebattent les oreilles avec une information selon laquelle la Réforme de La Poste va être arrêtée et que les salariés seront consultés sur les conditions de travail.

Je refuse.

Personne ne m’a demandé mon avis mais je refuse quand même.

Je veux, je réclame, j’exige une réforme de La Poste.

Il y a quelques temps j’ai failli écrire un billet intitulé « La Poste, cette salope » mais je me suis retenue.

La Poste, France Telecom et bien d’autres doivent être réformés, ils en ont besoin, nous en avons besoin.

La Réforme entamée, dont je ne connais pas le contenu et qui porte notamment sur le courrier va donc être momentanément interrompue (je crains que cela devienne définitif) parce qu’il y aurait eu trois suicides de postiers au cours des six derniers mois.

L’utilisation du conditionnel ne signifie pas que je conteste la réalité des suicides. Non, je conteste l’utilisation de ce motif pour ne pas aller de l’avant.

Réformer, y compris lorsque l’on se trompe dans la réforme, c’est bouger, réfléchir, agir, se confronter, essayer, tester, discuter, comparer, chuter, avancer.

« Qui n’avance pas recule », c’est ce qu’on nous impose aujourd’hui.

Je vais reprendre les mots de l’ancien directeur de France Télécom, Didier Lombard, qui avait parlé de « mode du suicide » dans ses troupes avant de présenter ses excuses : je sais que cela peut paraître ahurissant mais je crois que ce « mood » existe. Bien sûr je ne suis pas épidémiologiste du suicide mais je crois que des gens se suicident (en plus de leurs autres raisons) pour emmerder le peuple, comme une grenade qu’on lance dans une pièce avant de partir en courant.

Dans le même ordre d’idée, j’ai connu personnellement des gens qui balançaient des insultes, qui déprimaient et se faisaient prescrire des arrêts de travail pour un oui ou pour un non. Vous me refusez le pont du 1er mai, dépression, vous voulez que je prenne en charge un client supplémentaire, cris, vous voulez me faire changer de bureau, noms d’oiseaux.

Je comprends, je sais qu’il y a des abus de la part des employeurs, des chefs, des collègues, des administrations mais les effets et les réponses d’une partie de nos concitoyens me paraissent disproportionnées. J’appelle ça le syndrome de l’employé gâté.

On peut dire non, on peut ne pas comprendre, on peut être frustré, déçu, jaloux, désabusé et le gérer.

Je parle en tant que madeleine hyper sensible qui déprime et perd ses moyens pour un oui ou pour non.

Le mensonge, le harcèlement, la tyrannie, l’humiliation, la violence au travail existent bel et bien et broyent des hommes ; pour autant il me semble injuste d’indexer quasi systématiquement le travail.

On se suicide aussi pour d’autres raisons et souvent pour un ensemble de motifs.

La Poste et ses congénères doivent absolument être réformées.

Même si la réforme du secteur courrier ne va pas dans le sens que nous souhaitons en tant que clients, il faut au moins secouer le cocotier.

Il ne s’agit pas de faire tomber tous les fruits mais de se débarrasser des feuilles mortes, de faire entrer l’air, virer des parasites.

Il n’est pas scandaleux d’étendre les horaires des bureaux de poste, il n’est pas dramatique de se former aux nouveau produits, il n’est pas insultant de changer de poste ou de site (je ne parle de 300 km pour un poste inférieur).

En revanche les clients (moi du moins) aimeraient qu’on cesse de les « traiter » d’usagers, ils aimeraient recevoir leur courrier, le recevoir à temps, ils aimeraient que le facteur vienne effectivement sonner à leur porte plutôt que de laisser des papillons mensongers dans les boîtes ou auprès des concierges, ils aimeraient qu’on puisse leur dire où sont leurs colis, ils aimeraient qu’on cesse de leur mentir, ils aimeraient être accueillis correctement.

Je suis sûre que tout ceci est conciliable avec le bien-être des salariés de La Poste, ces mêmes salariés dont certains oublient qu’ils sont là pour rendre service. Leur métier est de rendre service. Service, service, service. Public, commun, utile, obligatoire, monopole, oligopole.

Les autres bougent, ils changent, vous ne pouvez pas rester immobiles.

Que nous le voulions ou non, par les temps qui courent , on ne peut pas se contenter de dépenser sans compter. Même si ça fait mal, l’état et ses associés sont obligés de faire les comptes, revoir les dépenses, s’adapter au marché, changer d’attitude.

Au cours de l’écriture de ce billet je suis allée faire un tour sur internet où j’ai parcouru deux articles disant que la réforme ne serait pas suspendue mais aménagée ou ajustée en tenant compte de l’écoute des postiers.

Bien sûr il faut les écouter et tenir compte de leurs remarques, de leurs avis, de leurs idées, de leurs inquiétudes, mais s’il vous plaît La Poste, bougez-vous, ne sabotez pas le mouvement.

Cela n’a rien de normal (enfin, hors de France) de refuser la moindre évolution, d’être contre tout par principe.

 

4 réflexions sur “Réforme de La Poste etc

  1. depuis quelques années, tous les petits bureaux de poste ont été supprimés dans ma campagne. résultat: une queue éternelle dans le seul qui reste ouvert. en même temps, puisque j’ai le temps à chaque fois que j’y vais, minimum d’attente 10 mn, j’observe ce qui se passe derrière le guichet: pour 3 qui « travaillent », un seul s’active au guichet, pendant que les deux autres s’occupent derrière à des activités mystérieuses dont la principale qualité semble être la lenteur d’exécution. la queue s’allonge: ils ne bougent pas un cil, celui qui est tout seul au guichet prend même le temps de demander des nouvelles du chien de madame Michu ou de l’arthrose de monsieur Gérard… très conviviale la poste… quant aux machines sensées nous éviter la queue, je rigole! si, si! la machine à composter est en panne une fois sur deux et celle pour échanger la monnaie, deux fois sur trois, et quand par miracle elles fonctionnent ensemble au moment où on arrive… il y a la queue là aussi. c’est n’importe quoi. quant à la livraison du courrier dans la boîte aux lettres, ça dépend des villages et des facteurs, c’est très variable… et qu’ils viennent pas se plaindre quand je leur claque la porte au nez le jour où ils viennent me vendre leur saleté de calendrier avec des chatons ou des paysages de neige. merde.

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  2. Zut, je t’ai répondu mais j’ai perdu la connexion.
    Zut, zut, zut.
    Il faut qu’on perce le mystère de la porte de derrière; quant aux machines….je crois que plus personne n’y peut rien.

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  3. Miss, rappelle toi que tu n’es pas une cliente de la poste, mais une usagère… Cela est vrai de toutes les administrations. Et cela m’a été vertement rappelé par le Vice-Consul de l’Ambassade de France à Dakar… Ne jouons donc pas sur les mots…
    Ce qui donne à ladite administration le droit de te traiter comme un merde, et plus tu montes en hiérarchie au sein de celle ci, plus on se prend le droit de te regarder de haut, toi, simple manant venu les faire chier à leur demander de travailler.
    Le fait de ne pas être susceptible de se faire virer donne à certains (pas tous) l’envie de glander sérieusement.

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  4. Il va quand même falloir qu’ils arrêtent.
    Comme dirait ma mère, ce n’est pas la maison de leur père.
    Ils croient qu’ils sont propriétaires et que les usagers ont du toupet de venir les emmerder?

    Les services publics déconnectés de public, il y en a ras le bol.

    Mon frère a assisté à une scène au cours de laquelle un monsieur excédé a giflé une guichetière à deux mains, déclenchant les applaudissements nourris des autres usagers. Certes on n’a pas à frapper les fonctionnaires mais quand ils exagèrent trop, parfois ça part et ils ne comprennent pas.

    Ils ne comprennent pas qu’on a besoin de récupérer notre passeport pour pouvoir prendre l’avion, qu’on a besoin de retirer de l’argent pour des dépenses importantes, que quelqu’un attend de l’aide à l’autre bout du monde, qu’on est fatigués des mensonges des facteurs, des guichetiers qui nous font tourner en rond, des chauffeurs de bus qui s’enferment tous seuls dans le véhicule alors qu’il pleut dehors, des numéros surtaxés auxquels personne ne répond….

    Sur le front du Consulat de France à Dakar, une personne proche qu’on a fait tourner en rond pendant des semaines (déja venue en France sans y commettre de crime) a finalement obtenu un visa pour venir suivre une formation (après intervention de l’université et d’autres + 1 session de cours ratée). La formation dure 18 mois, c’est une formation continue, on lui a donné un visa de 90 jours valable 12 mois en lui disant de se rendre dans une préfecture ici pour obtenir un autre titre de séjour. La préfecture dit qu’elle ne peut rien et que le Consulat aurait du délivrer un visa long séjour. Résultat, elle est obligée de laisser tomber la formation après avoir payé, payé son billet et son logement ici.
    Qu’est-ce que ça veut dire??????????????

    Pour changer, ce matin le chauffeur du bus nous a remerciés d’avoir pris son bus et souhaité une bonne journée.

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